Un service irrégulier

Mardi 16 décembre 2008, par mens // Ouessant, La Louise

Jusqu’en 1880 les moyens de transports entre Ouessant et le continent sont très imparfaits. Seuls les caboteurs assurent un service irrégulier et souvent interrompu.
Les chaloupes à vapeur des Ponts et Chaussées font de rares visites à Ouessant. Des barques non pontées de cinq à six tonneaux transportent les voyageurs et la poste. Il leur faut parfois quarante-huit heures pour faire les cinq lieues qui séparent Ouessant du Conquet.

Ces petites embarcations sont souvent trop chargées pour leurs faibles dimensions ; une saute de vent, un remous, une fausse manœuvre suffisent pour les faire chavirer.

Une série de naufrages se produit, 39 personnes périssent :

  • le 26 avril 1876, naufrage du Saint-Jean : 23 personnes noyées, presque exclusivement des femmes
  • le 12 mars 1877, le sloop Marie-Hortense ui assure le service postal depuis 13 ans, se perd corps et biens au large du Conquet : quatre noyés (le patron et facteur Paul Fouesnant, son matelot et les deux passagers)
  • le 15 avril 1877, le sloop Marie Suzanne, fait naufrage à son tour

L’opinion publique s’émeut.

On se décide à ponter les barques et à créer un service par bateau à vapeur.

On exécute les travaux nécessaires pour l’accostage au Conquet et dans la baie d’Arland à Ouessant.

L’État se décide enfin à subventionner la Société des Vapeurs Brestois pour qu’elle assure une liaison régulière entre Le Conquet et les îles Molène et Ouessant.

P.-S.

Sources :
- Ouessant, l’ile sentinelle : vie et traditions d’une île bretonne, Françoise Peron, Le Chasse-Marée, 1997 (ISBN 2-903708-71-1)
- Images Ouessantines, Michel Geistdoerfer, Bois de Yves Creston, Rieder (PUF - 1940)