Jusqu’en 1880 les moyens de transports entre Ouessant et le continent sont très imparfaits. Seuls les caboteurs assurent un service irrégulier et souvent interrompu.
Les chaloupes à vapeur des Ponts et Chaussées font de rares visites à Ouessant. Des barques non pontées de cinq à six tonneaux transportent les voyageurs et la poste. Il leur faut parfois quarante-huit heures pour faire les cinq lieues qui séparent Ouessant du Conquet.
Ces petites embarcations sont souvent trop chargées pour leurs faibles dimensions ; une saute de vent, un remous, une fausse manœuvre suffisent pour les faire chavirer.
Une série de naufrages se produit, 39 personnes périssent :
- le 26 avril 1876, naufrage du Saint-Jean : 23 personnes noyées, presque exclusivement des femmes
- le 12 mars 1877, le sloop Marie-Hortense ui assure le service postal depuis 13 ans, se perd corps et biens au large du Conquet : quatre noyés (le patron et facteur Paul Fouesnant, son matelot et les deux passagers)
- le 15 avril 1877, le sloop Marie Suzanne, fait naufrage à son tour
L’opinion publique s’émeut.
On se décide à ponter les barques et à créer un service par bateau à vapeur.
On exécute les travaux nécessaires pour l’accostage au Conquet et dans la baie d’Arland à Ouessant.
L’État se décide enfin à subventionner la Société des Vapeurs Brestois pour qu’elle assure une liaison régulière entre Le Conquet et les îles Molène et Ouessant.