Présentation

Samedi 29 novembre 2008, par mens // Musée de la Mine

Le 4 décembre 1982, jour de la Sainte Barbe [1], patronne des mineurs, est inauguré le musée créé par des passionnés dans l’ancienne cité minière de Saint Pierre La Palud, située dans les Monts du Lyonnais, à une vingtaine de km à l’ouest de Lyon.
Ce village, par la richesse de son sous-sol, a joué un rôle important dans le développement économique de la région lyonnaise. Ses mines de pyrite sont à l’origine de la grande industrie chimique qui occupe encore de nos jours une place importante dans l’économie de la région Rhône-Alpes.

On évoque d’anciens travaux gaulois et surtout romains, et il se peut fort bien que les Romains, doués d’un sens minier étonnant, aient cherché à exploiter les mines lyonnaises, mais on ne connaît rien de précis avant le XVe siècle.

A cette époque, Jacques Cœur, le grand Argentier du roi Charles VII, s’associe avec les marchands de Lyon pour exploiter les mines du Lyonnais, qui connaîssennt ensuite une grande prospérité au XVIIIe siècle. Ces mines, désignées à tort sous le vocable de mines de Sain-Bel, du fait que les bureaux et l’administration des mines se trouvent dans la cité voisine de Sain-Bel, concernent en réalité outre les mines de Saint Pierre la Palud, celles de Chessy, localité de la vallée d’Azergues. A cette époque, ces mines n’exploitent que le cuivre.

Au début du XIXe siècle, la teneur en cuivre a beaucoup diminué et en 1842 les mines de Saint Pierre la Palud deviennent la propriété de la famille PERRET. Celle-ci a développé un procédé révolutionnaire d’obtention de l’acide sulfurique par grillage des pyrites [2]. A partir de 1850, les mines de Saint Pierre deviennent des mines de pyrite et de fer, le minerai le plus abondant qui, vu sa teneur élevée en soufre constitue la matière première pour la fabrication de l’acide sulfurique. En 1872, les Perret cèdent leurs droits à la Société Saint-Gobain qui exploite les mines de Saint Pierre la Palud pendant un siècle jusqu’à leur épuisement en 1972. Le Musée est installé dans les bâtiments de l’infirmerie de la mine, non loin du chevalement du puits Perret, qui a remplacé en 1928 le puits Saint-Gobain.

Tous les divers aspects de l’outillage de perforation et de transport du minerai sont matérialisés par un choix judicieux d’engins récupérés lors de la fermeture de la mine. La partie la plus spectaculaire du Musée est la reconstitution fidèle en sous-sol d’une galerie de mine aménagée avec ses boisages et ses mannequins, grandeur nature, de mineurs figés dans leur position de travail.

Là, c’est un chantier d’abattage du minerai avec marteau perforateur et chargement des produits dans l’auto pelle Atlas. Ailleurs, une tête de roll vertigineux puits d’où les mineurs montent les bois de soulèvement à l’aide d’un treuil à air comprimé.

La reconstitution la plus frappante est celle d’un boutefeu occupé au front de taille de la galerie à nouer les fils d’une volée de mines qui feront sauter le minerai. La cage du canari, l’oiseau de guet, n’est pas non plus oubliée, pas plus que la petite statue de Sainte Barbe remontée du fond de la mine.

P.-S.

Notes :
[1] Sainte Barbe : Vierge et martyre légendaire. Elle serait morte décapitée par son père. Patronne des artilleurs, des sapeurs et des pompiers.
[2] pyrite : Sulfure de fer (FeS2), aux cristaux à reflets dorés.