Naufrage du Droits de l’Homme

Mercredi 10 décembre 2008, par mens // Plozévet

Le Droits de l’Homme, un vaisseau de 74 canons de classe Téméraire construit et lancé à Lorient le 29 mai 1794, commandé par le capitaine de vaisseau Raymond de Lacrosse, est affecté à l’expédition qui doit débarquer une armée française sur les côtes de l’Irlande. Il transporte 549 soldats de la légion des Francs, commandés par le général Humbert.

Le Droits de l’Homme est pris dans la tempête qui a détruit en partie la flotte française, mais parvient à rallier l’Irlande.

Il patrouille 8 jours, capturant les bricks britanniques Cumberland et Calypso, et ne veut pas s’éloigner sans s’être assuré qu’aucun des vaisseaux français n’a été jeté sur les côtes. Lacrosse se décide alors à rallier l’escadre en se dirigeant vers les côtes de France.

Le 22 nivôse an V (13 janvier 1797), le commandant du Droits de l’Homme s’estime à un degré (25 lieues) de Penmarch, quand il aperçoit au vent la frégate britannique Indefatigable, de 44 canons, accompagnée de l’ Amazon, de 36 canons, de la Royal Navy. Lacrosse prend chasse devant les Britanniques pour se préparer au combat. Vers trois heures, le Droits de l’Homme se fait couper la route par deux nouvelles voiles, et décide d’engager le combat avec les frégates.

Lorsque le combat commence, le gros temps empêche les navires de se servir de leur artillerie située sur le pont inférieur. L’un des bras du grand hunier du Droits de l’Homme casse, le privant de ses deux mâts de hune, mais les Britanniques négligent d’en profiter. L’Indefatigable et le Droits de l’Homme échangent des bordées d’artillerie et de mousqueterie [1] , et la frégate tente de prendre le vaisseau en enfilade. Lacrosse réagit et tente de prendre l’Indefatigable à l’abordage, sans succès.

À six heures trois quarts, après une heure et demie de combat, l’Amazon arrive à portée et tire une bordée dans la hanche du Droits de l’Homme, avant de s’éloigner avec l’Indefatigable pour réparer.

Sur les huit heures et demie du soir, les Britanniques rouvrent le feu. Profitant de la supériorité de leur voilure, ils tournent autour du Droits de l’Homme en le prenant en enfilade. Comptant sur son infanterie, Lacrosse essaye d’accrocher un de ses deux adversaires, espérant le prendre à l’abordage et forcer l’autre à lui porter secours et à s’exposer lui aussi à un abordage.

Le Droits de l’Homme perd son mât d’artimon et les frégates britanniques tentent de s’approcher, mais sont repoussées par le feu du vaisseau. Vers une heure du matin, le lieutenant de vaisseau Châtelain a le bras fracassé par un biscaïen [2], et quelques instants après, le commandant Lacrosse est atteint au genou gauche par le ricochet d’un boulet mort. Il fait jurer à son équipage de ne pas amener le pavillon français, avant de confier le commandement à son second.

Le combat dure encore quatre heures ; vers six heures du matin, la vigie du Droits de l’Homme signale la côte, et le vaisseau tente de gagner la terre, brisant ses mâts de misaine et de beaupré endommagés dans le combat. Démâté, ses ancres endommagées et son gouvernail détruit, le Droits de l’Homme se jette à la côte.

L’Amazon se brise à la côte et son équipage est fait prisonnier. L’Indefatigable, à l’état de ponton, parvint à contourner les récifs de Penmarch et à s’échapper.

Le Droits de l’Homme s’échoue dans la baie d’Audierne le 25 nivôse à sept heures du matin. Dans la tempête, les canots légers sont emportés par les lames avant d’être mis à l’eau. Plusieurs de ses matelots périssent en tentant d’établir un va-et-vient ou de chercher des secours. Dans la nuit du 25 au 26, cinq chaloupes venues d’Audierne peuvent emmener les blessés et environ 400 matelots ou soldats ; la tempête interrompt les opérations de sauvetage pendant 5 jours. Le 30, Lacrosse s’embarque sur une corvette qu’on lui a envoyée de Brest après s’être assuré qu’il ne reste plus un seul homme à bord.

Lacrosse est élevé au grade d’officier général.

 

Portfolio

P.-S.

Notes :
[1] Décharge de mousquets ou de fusils qui tirent en même temps
[2] Mousquet de gros calibre, à longue portée et/ou balle de ce fusil

Sources :
- Wikipedia l’Encyclopédie libre