Les puits

Jeudi 20 novembre 2008, par mens // Sainte-Foy-l’Argentière

En 1752, il y avait déjà sept ou huit puits ouverts, répartis sur les territoires de Plambust (Plambeuf) et de la Gravière. Les galeries à l’allemande avaient été tracées par le sieur Konig inspecteur des mines de France (A.D.R. 1 C 191).

La concession accordée en 1770 à Métrat de Rouville, était d’une durée de trente ans. Elle fut prorogée de vingt ans le 12 septembre 1799 à partir du jour où expire la première concession. Elle devient définitive en 1810, en vertu de la loi sur les mines. Les limites de la concession sont assignées par l’inspecteur des mines le 19 juillet 1802. Son étendue est de 1552 hectares, dont 550 environ sont en terrain houiller. Les premiers travaux importants paraissent avoir été faits en 1823.

De nombreux puits ont été creusés entre 1830 et 1854 pour l’exploitation de la houille. Les plus connus sont :

  • Le puits Perrin, abandonné en 1851
  • Le Puits Pierre sur Souzy, lieu-dit « Les Yvernons », creusé en 1850, très peu exploité (à cause de l’eau) et repris en 1940/41.
  • Le Puits de Flâches, à droite en montant la route d’Aveize, est arrêté vers 1854.
  • Le Puits Jenny, à droite, sur la route de l’Argentière, creusé de 1850 à 1854, profondeur totale 324 m, traverse le terrain houiller.

Après le poudingue à gros fragments de quartz, on trouve les schistes du silurien, ces bancs sont très inclinés et en stratification discordante avec ceux du houiller.

  • Le Puits de Rossandes, arrêté en novembre 1866 à 148 m, les bancs sont inclinés à 74°, dans un travers-blanc, on trouve le porphyre, après avoir traversé à peu près les mêmes terrains qu’au Puits Jenny.
  • Le Puits de Fenoyl à droite, sur la route de Montbrison, creusé en 1850, profondeur 372 mètres, mis en exploitation en 1854.
  • Le Puits de l’Argentière, commencé le 2 janvier 1869, a été arrêté à une profondeur de 475 mètres. A 120 mètres, on a trouvé une venue d’eau donnant 80 m3 par 24 heures (incident qui a été surmonté après plusieurs semaines de difficultés). Par la suite, l’épuisement du fond était de 50 m3 en moyenne par jour. La machine, pour l’extraction est à vapeur, à un seul cylindre, elle avait une force d’environ 60 CV, le câble plat est en aloès. L’extraction de l’étage 465 au jour (puisard de 10 mètres) se faisait avec des cages à 2 étages, 1 benne par étage, durée d’une cordée 3mn. L’épuisement se faisait la nuit et les dimanches, avec des bennes spéciales, munies d’une soupape dans le fond, et introduites dans chacune des 2 cages, l’une se remplissait au fond, pendant que l’autre se déversait automatiquement au jour, dans une goulotte. En 1900, la mine occupait à l’intérieur 126 ouvriers, et 2 chevaux, à l’extérieur 43 ouvriers, et 3 chevaux.
  • L’exploitation du puits de l’Argentière a été arrêtée en 1909, à la suite d’incidents (cage bloquée sur le guidage dans le puits) et suite de grève ? Il communiquait avec le puits de Fenoyl dont c’était le retour d’air.
  • Le Puits Neuf : situé à droite, en montant au cimetière, profondeur 50 mètres, avec retour d’air par un petit puits au-dessus des écoles, à gauche de la route de Saint-Genis (photo p. 72). Ce Puits Neuf a été mis en exploitation en 1909, avec quelques ouvriers à la suite de l’arrêt du Puits de l’Argentière.

Petite machine à vapeur, câbles en acier, guidage des cages par câbles amarrés au fond, et au sommet du chevalement. Une benne par cage (benne de 450 litres environ), ou 4 hommes. « Il n’y avait pas de parachute », l’épuisement ou exhaure se faisait par des pompes centrifuges électriques. L’exploitation consistait surtout à récupérer des piliers de charbon laissés par des anciennes exploitations. Pendant la guerre de 1914/1918, et même après, ce charbon a rendu de bons services dans la région pour les foyers domestiques. Mais vers la fin de 1923, on parlait d’arrêter le puits, faute de trouver du charbon. Alors en 1924, les vieux mineurs, voyant la fin de leur carrière, creusèrent farouchement pour traverser une faille (sans en parler à la direction ; le directeur M. Amblard avait 80 ans, et ne descendait plus dans la mine), et finirent par trouver un lambeau de charbon vierge, qui permit de prolonger l’exploitation plusieurs années (Notes de Jean Deguillaume, publiées dans le bulletin paroissial de Sainte-Foy, Unis, n° 66, juin 1986).

« Le travail de la mine occupait un nombre variable de mineurs de fond et de femmes. En 1851, l’effectif des mineurs s’élevait à soixante-douze, et à cent six dix ans plus tard... L’extraction houillère... favorisa l’approvisionnement énergétique des manufactures qui allaient éclore progressivement dans le canton » (F.Bayard et Bernard Maradan, D’une république à l’autre, Le canton de Saint-Laurent-de-Chamousset de 1848 à 1875, 1993, p. 177).

La production de l’année 1903 avait été de 23836 tonnes, soit une augmentation de 420 tonnes sur l’année précédente. Le nombre des ouvriers occupés était de 192 (Le Salut Public, 11 janvier 1905).

L’exploitation a été définitivement arrêtée en mars 1931 « en raison de la mévente liée à la crise économique ;... le charbon contenant 27% de matières volatiles et 25% de cendres (était) entièrement vendu sur place pour la consommation domestique » (G. Mazenot, Les ressources minérales de la région lyonnaise, Grenoble-Lyon, 1936, p. 38).

« En 1940/1941, par suite de la désorganisation due à l’occupation et à la pénurie de transport, une société (M. de Braban) a remis en exploitation le puits Pierre. L’épuisement (exhaure) fut facilité par des pompes plus modernes qu’en 1850, ainsi que par l’outillage. La production permit d’alimenter les foyers domestiques de la région pendant encore quelques années (1945), mais l’épuisement de la couche dans ce secteur, et un éboulement assez important qui fit s’effondrer d’un mètre la voie ferrée près de la Tuilerie, ainsi que la route de Montbrison, contribuèrent à la fermeture de l’exploitation » (Jean Deguillaume, op. Cit.).

Il ne reste actuellement aucune trace des superstructures de ce bassin houiller puits et bâtiments divers.