Les gardiens

Jeudi 20 novembre 2008, par mens // Ouessant, les phares

Les gardiens de phares exercent un métier que l’automatisation de la signalisation maritime est en train de transformer en grande vitesse.
« L’intérêt des nouveaux équipements qui font appel à l’électronique est d’augmenter la fiabilité déjà très importante des installations, d’améliorer la sécurité d’intervention des agents des Phares et balises et aussi…de réaliser des économies de fonctionnement » expliquait récemment Roger Louzaouen, patron des « Phares & Balises ».

En France, ils sont encore près de 250 à avoir sous leur responsabilité le bon fonctionnement de plus de 150 phares.

Parmi les quelques phares de France encore habités, 2 devraient pouvoir conserver leur gardien tant pour des raisons de sécurité que de patrimoine, Sein, l’Ile Vierge -au large de l’Aber Wrac’h. Le phare de Cordouan en Gironde, reste le seul phare gardé, isolé en mer.
Kéréon en Ouessant est le 6ème phare isolé en mer à voir partir ses gardiens. Outre son intérêt patrimonial, Kéréon assurait une présence humaine pour la surveillance du Fromveur et du chenal du Four. Kéréon était le seul phare en pleine mer pour la formation et l’entraînement des agents des Phares et Balises.

L’hiver, le temps conditionne la relève ; la marée fixe son horaire. Le bateau approche alors du phare par l’Ouest qui le domine du haut de ses 45 mètres, frôle la roche le temps de capeler les charges et recule de quelques mètres pendant que les sacs sont débarqués. Le nouveau gardien monte à califourchon sur le ballon et s’envole vers le Kéréon, par-dessus les tourbillons du courant. Le gardien relevé descend alors avec dextérité après 15 jours de veille. Le bateau s’éloigne, saluant d’un coup de corne les gardiens restés au Kéréon qui demeureront coupés du monde jusqu’à la prochaine relève qui interviendra dans deux semaines, sauf tempêtes.

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Gardien de phare
© Photo de Benoit Stichelbaut publiée avec son aimable autorisation

Le Kéréon est un palace où les gardiens dorment dans des lits clos bretons ; dans la partie basse, une cuisine au parquet de mosaïque où ils trouvent refuge par très gros temps.
Se considérant plus marins que terriens, les gardiens de phares utilisent le même vocabulaire que les marins ; ils « arment le phare », « prennent leur quart », se croisent au changement de quart mais prennent les repas en commun. Leur travail consiste à surveiller, contrôler, assurer la maintenance et dépanner tout ce qui est électrique ; ils y ajoutent quelques travaux d’entretien.

Le jeudi 29 janvier 2004 les deux gardiens rejoignaient définitivement le continent. La technique du "ballon" interdite par la règlementation européenne en 2000, la fermeture du phare s’inscrit dans un mouvement d’automatisation engagé dans le Finistère depuis une quinzaine d’années.

Qui étaient les gardiens de phares d’OUESSANT ?

Des Îliens évidemment, nés - selon Claude Louarn - « le cul dans l’eau », armés pour affronter la solitude, regardant vers le large et non vers la terre pour tenir.

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P.-S.

Sources :

  1. Kéréon - © Photo de Benoit Stichelbaut publiée avec son aimable autorisation
  2. PERON (Françoise) - Ouessant - l’Ile Sentinelle - Le Chasse-Marée - Armen, Douarnenez, 1997
  3. La route des phares et balises, Brochure du Groupement d’intérêt touristique des Pays de Brest
  4. Musée des Phares et Balises à Ouessant
  5. Wikipedia & Wikimedia Commons