Lentilly est occupé

Samedi 27 février 2010, par mens // Les combats livrés à Lentilly en juin 1940

Les allemands occupent le village, ils pillent les voitures régimentaires, brisent les cantines des officiers, jettent sur la voie publique les sacs éventrés, brisent les armes ; à la Gare, tout est sur le sol pêle-mêle, sur la place les allemands offrent aux habitants de se partager les dépouilles.
Treize tirailleurs sénégalais de la section Octave Adjudant-chef, faits prisonniers dans la propriété Loquin, sont amenés sur la place avec Eugène Jeanpierre jardinier, les allemands les font coucher sur le sol bras écartés, ils resteront jusqu’à 6 heures, puis conduits à la Rivoire au dessous de la maison Terraillon, et mis à mort.

L’Abbé Vuitton, curé de la paroisse, demande d’intercéder en faveur d’Eugène Jeanpierre, l’Officier allemand, sans lui donner d’explication le fait reconduire au presbytère ; Eugène Jeanpierre est relâché à 6 heures du soir.

Un ouvrier maçon trouvé porteur d’un revolver sera emmené prisonnier, il a été interné au camp de Longvic, près de Dijon.

Les allemands fouillent les maisons du village, gardent les routes, envoient des patrouilles pour prendre les troupes qu’ils savent cachées avec armes et munitions, et dont ils craignent des surprises.

A 8 heures du soir, le Commandant allemand fait appeler le Maire et l’Adjoint, M. Vinzent. Je me rends, accompagné de ma fille, au poste de commandement situé au café Laurent, M. Vinzent s’y trouve déjà, l’Officier commandant, croix de fer, nous fait connaître par 3 fois, que si un soldat allemand est tué, nous serons fusillés avec 10 civils que je dois désigner, et pour chaque soldat a11emand, 10 civils seront fusi11és.

Les troupes allemandes et le matériel de combat sont sur la place et sur la route jusqu’à la Grand-Croix, les Officiers aux cafés Laurent et Grange.

A 10 heures et demi, une patrouille amène un tirailleur blanc, alsacien et 3 tirailleurs sénégalais, l’Officier commandant s’adressant à moi me dit : « ce sont vos amis, des chiens » ; les sénégalais seront mis à mort dans la nuit, le blanc sera emmené prisonnier.

A 11 heures, un médecin allemand vient rendre compte qu’un officier de leur troupe est mort, il était soigné, blessé d’une balle à la tempe dans une baraque à la Planche. L’Officier allemand nous dit « c’était un Officier d’une grande famille », ma fille et moi lui répondons « Das ist krieg », cela ne lui fait pas plaisir à ce qu’il nous semble.

Le 21, sur un ordre, les troupes allemandes quittent le village à 6 heures du matin.

 

Note :
Récit des évènements concernant les combats livrés à Lentilly en 1940, relatés par M. Jeantet (maire) dans le Livre d’Or de la mairie.