Le gisement

Jeudi 20 novembre 2008, par mens // Chessy-les-Mines

Le gisement de Chessy est située à 10 km au Nord-Ouest du gisement de Sain-Bel.

Les deux gisements présentent des analogies frappantes :

  • même contexte géologique dans la série de La Brévenne,
  • même minéralisation en pyrite [1] comprise dans des séricitoschistes,
  • même orientation et allure des amas minéralisés.

Mais, différence essentielle, une tectonique cassante orientée Nord-Sud a mis en contact les masses minéralisées et des roches sédimentaires d’où il est résulté la formation de minéraux supergenes très particuliers.

La mine de Chessy n’est plus exploitée depuis un siècle, mais contrairement à Sain-Bel, elle a toujours été une mine de cuivre. Un ancien directeur de la mine, Raby (1837), a laissé des coupes très instructives du gisement qui permettent de distinguer :

  1. Un amas pyriteux A (mine jaune) inclus dans des sericitoschistes formé d’un mélange de pyrite blanc jaunâtre à 6 % de cuivre et de chalcopyrite [2] jaune foncé à 15 ou 20% résultant d’un remarquable enrichissement en cuivre par cémentation superficielle. Sa plus grande section horizontale à 20 m de profondeur était de 15 m sur 120 m, sa profondeur d’un peu plus de 200 m.
  2. Dans une zone de décomposition à proximité d’une faille mettant en contact les schistes de la série de La Brévenne avec le Rhétien existaient des rognons de « mine noire » B.B.C.C. formés de cuprite [3] avec pyrites de cuivre et de fer et silice à une teneur variant de 6 à 15% de cuivre. Le plus gros de ces rognons mesurait 3 m sur 5 et 12 m.
  3. Suivant le contact même des deux terrains marquant la faille une couche verticale d’argile rouge (mine rouge) de 2 à 4 m d’épaisseur D.D. contenant des cristaux de cuprite et parfois aussi du cuivre natif.
  4. Enfin dans les grès et argiles triasiques la « mine bleue » caractérisée par la chessylite qui se présentait en veinules, en boules et en géodes. La veine la plus considérable qu’on ait exploité mesurait 150 m de long suivant l’horizontale, 30 m de large suivant l’inclinaison et 0 m 50 d’épaisseur. L’ensemble constituait un amas de 400 m de long, 40 m de large et 20 m d’épaisseur. C’est de cette mine bleue que sont venus tous les cristaux de chessylite répartis aujourd’hui entre les collections minéralogiques du monde.

La mine bleue est un gîte de substitution typique, les carbonates métalliques qu’il renferme résultant de l’attaque des calcaires infraliasiques situés au-dessus des assises de grès rhétien par les sulfates solubles produits par la disparition du gîte sulfuré. Tout le minerai déposé primitivement sous forme de pyrite ( mine jaune) a été altéré ultérieurement en mine noire, rouge ou bleue.

Dans la mine bleue la chessylite est accompagnée de malachite [4] fibreuse, de cuprite, de smithsonite [5] , on trouve aussi quelques cristaux de barytine [6] implantés sur la chessylite.

P.-S.

Notes :
[1] pyrite : Sulfure de fer (FeS2), aux cristaux à reflets dorés.
[2] chalcopyrite : Sulfure de cuivre et de fer.
[3] cuprite : Oxyde de cuivre, de couleur rouge.
[4] malachite : Carbonate de cuivre hydraté, d’un beau vert, utilisé en joaillerie et en tabletterie.
[5] smithsonite : Carbonate de zinc.
[6] barytine ou barytite : Sulfate de baryum naturel.