Le cahier de doléances

Dimanche 2 novembre 2008, par mens // Charles le Guellec

Il est utile de revenir quelques années en arrière pour souligner le rôle de Charles sur le plan local.

Lorsque la Révolution éclate en 1789, la vie de Plozévet va changer brusquement. Tout ne va pas pour le mieux ! En 1789, la presque totalité des terres appartiennent à des bourgeois, mais ne sont pas pour autant exonérées des redevances seigneuriales. Il faut ajouter à celles-ci les redevances du Clergé très lourdes (environ 5.000 livres) mais légèrement inférieures aux impôts royaux (5.500 livres). Ces redevances sont insupportables puisque les demandeurs sont des personnages éloignés, ne paraissant jamais dans la paroisse. Le chanoine de Quimper en est l’un des exemples dont se plaindront les Plozévétiens dans le cahier de doléances.

Le 7 avril 1789, en exécution des ordres du Roi, le Tiers Etat de Plozévet se réunit en la sacristie de l’église paroissiale pour établir le cahier des doléances .

Dans la France d’Ancien régime, on désignait sous l’appellation de cahiers de doléances des recueils où étaient consignées les représentations et protestations adressées au roi par les états généraux ou provinciaux. Les plus nombreux, et historiquement les plus importants, sont ceux qui furent rédigés lors des réunions provinciales qui, durant le printemps 1789, préparèrent la réunion des états généraux.

Par l’ampleur de la consultation dont ils sont le résultat, ces cahiers constituent un document exceptionnel sur l’état de la France. La France comptait alors 26 à 27 millions d’habitants, presque tous membres du tiers état ; quelque 250 000 personnes étaient nobles ; le clergé comptait 120 000 membres. Les cahiers montrent tout d’abord que la France n’est pas encore une nation au sens moderne du terme : les Français du peuple se considèrent d’abord comme membres de la communauté de tel village, de telle seigneurie ou de telle province, et le roi leur semble souvent lointain. Le royaume n’a pas encore rompu avec certaines idées centrales de la féodalité : ainsi, parmi les doléances les plus fréquemment exprimées revient l’idée fort ancienne que le roi devrait, comme le seigneur local, « vivre du sien », c’est-à-dire des revenus de son propre domaine, et ne pas exiger sans cesse des contributions extraordinaires que les pauvres paysans ne peuvent acquitter qu’au prix de grandes misères. Les cahiers de doléances invitent ainsi à une réflexion historique et politique sur la réalité d’un pays qui, en quelques mois, va bouleverser l’histoire du monde occidental.

L’assemblée électorale se tient sous la présidence du notaire Louis Le Guirriec, commis en l’absence de MM. les juges, ayant pour adjoint Charles Le Guellec, Greffier des délibérations de la paroisse.

Le procès verbal cite le nom des comparants, une centaine, puis ceux des députés à savoir Charles Le Guellec, Henri Strullu, Jean-Louis Malscouet et Pierre Helias, ceux des électeurs enfin du canton de Plozévet aux assemblées du département et du district de Pont-Croix pour l’année 1790 : Louis Le Guirriec, Charles Le Guellec, Alain Le Hénaff et René Le Certen.

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