Ce dernier cédera le pas petit à petit devant le nouveau drapeau. Après la guerre, le Gwenn ha du, à cause de sa connotation séparatiste, se fait plus discret. Malgré tout, il s’impose progressivement face au drapeau herminé, porté par le sel de la subversion, élément qui fut essentiel dans son succès auprès des Bretons.
Bien que n’ayant pas de statut administratif officiel, le « Gwenn ha du » a perdu sa connotation séparatiste et flotte désormais sur la plupart des mairies et de très nombreux bâtiments publics, symbole d’unité et de diversité de la Bretagne. Il est de toutes les fêtes bretonnes. Dans les défilés, la tradition veut que le porte-drapeau le tienne à bout de bras.
Le drapeau d’hermine n’a pourtant pas disparu, il est encore utilisé par plusieurs bagadoù [1] et flotte toujours devant plusieurs mairies et maisons bretonnes. De même, le Kroaz du non herminé se voit de-ci de-là, surtout en mer.
« paradoxalement, Breiz Atao, ignoré ou rejeté par la majorité de ses compatriotes, leur imposait à son insu sa vision [note 1 - Et même son label : c’est Breiz Atao qui inventa le drapeau breton à hermines et bandes blanches et noires, symbolisant les neufs pays. (…) le drapeau qui flotte de nos jours sur les mâts et les édifices, qu’on reproduit en écussons et fanions d’autos, le drapeau, enfin, qui reçut de Gaulle à Quimper est donc le drapeau autonomiste de Breiz Atao] »
(Comment peut-on être Breton, Morvan Lebesque [2], p. 167)