La décision de construire, en 1859 sur la pointe N.-O. de l’île, au sommet d’une éminence, en Breton « Creac’h » le phare du Créac’h, est prise lors de l’accélération du trafic maritime liée aux développements des empires coloniaux et l’ouverture de nombreuses routes à des navires européens de tous tonnages s’engageant de plus en plus dans la Manche ou se dirigeant vers une voie transocéanique. En effet, le Stiff, construit, un siècle et demi auparavant, ne suffit pas pour prévenir les accidents qu’occasionnent les écueils du côté du sud-ouest, ses feux étant trop distants.
Le Creac’h, haut de 55 m, est doté d’une optique de premier ordre dont le plan focal se situe à 68 m au dessus des hautes mers. Sa portée lumineuse est de 24,7 milles par temps moyen. Allumé fin 1863, le phare du Creac’h est électrifié en 1888 et doté d’une nouvelle optique.
Toutes les dix secondes, des éclats groupés par deux avec une puissance lumineuse allant de 350 000 à 650 000 becs Carsel. En moins de 40 ans, le Creac’h est modernisé à plusieurs reprises ; il reçoit 3 optiques différentes qui multiplient par deux sa portée lumineuse. En ce début de XXe siècle, 30 000 navires passent les côtes de l’île d’Ouessant mais la brume épaisse est encore à l’origine de sinistres ; on décide donc d’avoir recours à l’émission de sons. En 1900, une nouvelle sirène est installée sur la galerie du phare du Creac’h ; puis en 1912, une cloche sous-marine. S’ensuivent d’autres installations ; enfin, en 1985, deux vibrateurs sont placés sur la terrasse du phare.
Parmi le millier de phares implantés sur les côtes de France, dont 120 dans le Finistère, le Creac’h d’Ouessant occupe l’une des toutes premières positions du monde avec ses 500 millions de bougies et sa portée de 63 km. Il pilote ou surveille les phares récemment automatisés du Stiff, de Nividic, de la Jument, de Kéréon, des Pierres-Noires et guide l’entrée des navires dans la Manche.
En 1987, on installe à son sommet un système d’éclairage pour empêcher les oiseaux migrateurs de s’y heurter. Son ancienne centrale électrique est occupée depuis 1988 par le Musée des Phares et Balises.
