La paroisse de Plozévet

Dimanche 2 novembre 2008, par mens // Charles le Guellec

Si l’on trouve peu de notes sur l’activité communale de Charles Le Guellec, on en sait davantage sur son action paroissiale.

Le presbytère devenu bien national après avoir servi de mairie, est acheté personnellement par Mr le Maire le 18 Août 1811. Et dans sa deuxième donation du 10 Octobre 1811, devant Me Bizien, notaire impérial du canton de Plogastel, Charles Le Guellec, se trouvant avancé en âge « presquatagénaire » (octogénaire), stipule que soit partagée entre ses enfants « la somme de 2.400 francs ( la moitié du prix de vente) dûs par Hygnard et Manière pour la vente d’une maison et dépendance sise au bourg de Plozévet, appelée presbytère, propre du dit Guellec père ». Il s’agit de la maison de commerce, anciennement Kérisit, achetée par la municipalité actuelle, dont le jardin est devenu un heureux parking devant l’église paroissiale.

Il ne peut y avoir de doute sur la maison même, une grande maison solidement bâtie en pierres de taille à fronton triangulaire portant la date de 1728, car l’acte de vente de cette maison à la municipalité donne comme origine de propriété : Kérisit ... Hygnard et Manière.

Si l’ancien presbytère n’est pas revenu à la paroisse Monsieur le maire va s’occuper de loger le clergé. En date du 25 Octobre 1813 une ordonnance du .mire prévoit les journées de travail four « tirer les pierres au Menez Gwen pour la maison du recteur ». Trois familles sont désignées chaque jour de la semaine .« Trois par jour, un de chaque ménage, et ceux qui seront absents payeront d’autres pour eux ».

Il est vraisemblable que les autres familles de la commune ont dû continuer les semaines suivantes. S’agissait-il de construire le presbytère actuel, la partie ancienne ne porte pas de date, ou plutôt de le surélever d’un ou de deux étages, c’est plus probable. En tout cas, le travail fut bien fait et comme dans toutes les constructions de Charles Le Guellec le presbytère eut droit à des cheminées de style et à un cavalier comme gargouille.

Il semble que c’est l’administration municipale de Charles Le Guellec qui a doté l’église paroissiale des deux autels latéraux, celui de la Vierge et celui du Sacré Coeur. La notice de Monsieur le Chanoine Perennez sur Plozévet les donne du 18ème siècle ; or, cette statue comme celle de Saint Joseph a été commandée par Monsieur Clévarec, recteur vers 1865. Dans les famille Le Guellec s’est toujours transmis le souvenir de l’aïeul qui a doté l’église de ces deux autel, et en récompense une statue de Saint porte le nom du donateur. C’est ainsi que Saint Ronan est devenu Saint Charles, il a suffi de changer l’inscription. Il parait que si l’on gratte l’inscription actuelle on retrouverait encore en-dessous « Saint Ronan ».

P.-S.

Note complémentaire : Le choix schismatique, le bon accueil fait aux prêtres jureurs a accentué les effets de déchristianisation dans la commune. De 1795 au retour du recteur Jannou en 1803, le culte est suspendu. Jannou aurait souhaité pour successeur Charles, ancien vicaire de la paroisse. L’évéché qui ne veut faire montre d’aucune bonne volonté à l’égard de Plozévet nomme Henri Mével qui vient de l’île de Sein. A son départ en 1816, l’évêque de Quimper ne nomme personne. De 1816 à 1819 Charles Le Guellec envoi lettre sur lettre pour obtenir la désignation d’un nouveau recteur ; toutes ses demandes restent vaines ! Ce refus avait valeur de punition.
En 1819 l’évéché se décide enfin à nommer un nouveau recteur : Pierre Marie Perrot, sorte de prêtre-soldat, image même de l’Eglise de l’Ancien Régime que les Plozévétiens avaient voulu abattre. Celui-ci, se sentant soutenu en haut lieu, saisit toutes les occasions de faire jouer son autorité.