La femme ouessantine

La femme cultivatrice

Dimanche 8 février 2009, par mens // Ouessant, la terre

Peu à peu, les hommes sont partis vers l’Océan, devenant pêcheurs, voire marins au long cours. Leur absence prolongée oblige les femmes à les remplacer aux champs, perpétuant jusqu’à, il y a peu de temps, un mode de vie millénaire. Elles s’instituent agricultrices pour survivre.
Jusqu’au début du 19ème siècle, une coutume fort ancienne donne aux filles toute l’initiative pour le choix de leur époux. L’homme est une denrée "rare" et il n’est pas exceptionnel que des filles restent sans trouver de maris ! La remarque des plus âgées est :

« Croche dedans si tu peux, il n’y en aura pas pour toutes. »


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Marie-Anne MINIOU
Le costume est austère, composé entièrement de morceaux d’étoffes séparés et assemblés par des épingles.

A la fin du 19ème siècle, 52% de la superficie de l’île est cultivée, le reste est essentiellement destiné au pâturage. Les femmes, courbées sur le sol, emblavent les champs à la bêche et moissonnent à la faucille, comme elles le font depuis des siècles et des siècles.
Ce sont les femmes qui conduisent les charrettes, empierrent les chemins, réparent, grimpées sur des échelles, à la fin de l’hiver, les dégâts causés aux toits des maisons par les grosses tempêtes ...
La préparation des repas ouessantins répond à l’exigence de trouver un combustible pour l’entretien du foyer, en l’absence de bois sur l’île. La femme cultivatrice utilise : galettes de bouse de vache séchées, goémon apporté par la mer –qui sert également à engraisser les champs-, tronc d’algues, ajonc, fougères.

De même pour la préparation du dîner à l’étouffée, avant de partir au champ, la femme cultivatrice enflamme quelques mottes de plaques de gazon « tarourc’h » avec de la fougère.

Un isolement prolongé, et l’absence quasi totale d’hommes adultes sur l’île -au début du 20ème siècle, il y a à peine un homme adulte présent sur l’île pour 3 femmes-, a pour conséquence le maintien d’une société féminine.

La réalité de la vie à Ouessant, jusqu’à la fin de la 2ème guerre mondiale, est représentée par les files de femmes en costume noir, qui partent le matin à pied labourer leurs petits champs. Leur costume est austère, composé entièrement de morceaux d’étoffes séparés et assemblés par des épingles.

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