I à M

Les noms de famille de ITHIER à MOUGIN

Vendredi 12 décembre 2008, par mens // Ouessant, les noms

Pendant très longtemps, les noms furent individuels, et indépendants des ascendants. Ils ne se transmettaient pas à la descendance.
Il faut donc toujours situer les noms à leur origine. C’est ainsi que le sens qu’ils contiennent se réfère à celui qui fut le premier à transmettre son nom à ses descendants qui, en aucun cas, ne peuvent se sentir concernés par telle ou telle caractéristique contenue dans le sens initial du nom. Constant par sa forme et sa nature, il est image fixe sur le fil du temps. En connaitre le contenu et lui donner du sens c’est, en réalité, nous rapprocher un peu plus de nos ancêtres et de nos origines.

ITHIER à MOUGIN

I
ITHIER Evolué du germanique ID-HARI, il avait probablement le sens de travailleur courageux.
J
JACOB Origine hébraïque, il signifierait protégé de Dieu.
JEZEQUEL Origine bretonne. Est une évolution de JUDICAEL, nom expliqué à GICQUEL dont il est l’équivalent.
Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1686.
JOUSSET Est un diminutif français de JOSSE, nom de saint issu de IUDOC, dont le nom veut dire homme d’une grande noblesse de cœur, de grande générosité.
K
KERAUTRET Origine toponymique bretonne. Contient KER, maison, village, hameau et AUTRET, forme ancienne de ALTRET, allié par nécessité.
KERDREUX Origine toponymique bretonne. Ker, ville, village, est associé à DREUX qui signifie de travers mais aussi sous la forme TRU, misérable. KERDREUX était le village à DREUX.
KERMAIDIC Origine toponymique bretonne. Le composant de KER, ville, village, est MAIDIC, transcription francisée de MEDIC. Ce dernier, en rapport, avec BIZ MEUD, pouce, pouvait surnommer une personne de petite taille.
KERNOA Origine toponymique bretonne. Il est composé de KER, ville, village, et d’une forme, bretonne ancienne du nom biblique de NOE. Celui-ci vient du gaulois NAUDA, marécage, zone humide.
KERROS Origine toponymique bretonne. Les composants en sont KER, ville, village, et ROS, colline.
KISS Origine incertaine.
L
LAFORET Origine toponymique française. A été attribué à quelqu’un qui habitait dans ou près d’une forêt.
LAGADEC Qualifie, en Breton, une personne qui a de grands yeux (LAGAD).
LALOUER-BOUCHER L’agglutination de l’article défini et du breton ALOUER, bailli, a conduit à ce nom de personne signifiant le bailli.
LAMOUR Nom français résultant de l’agglutination de l’article défini et de AMOUR au sens actuel du terme.
LANILIS Origine toponymique bretonne. Est une contraction de LANN AN ILIZ, l’ermitage ou la lande de l’église.
Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1708.
LE BARS Nom breton du ménestrel, du ménétrier.
LE BRAS Origine bretonne. Il signifie le grand.
LE BRIS Origine bretonne. Ainsi était parfois surnommée une personne qui avait des tâches de rousseur. On retrouve un Théodore LE BRIS, patron sur le canot ANAIS de Lampaul lors d’une intervention sur le vapeur LE NICOLAS en 1904, décoré de la légion d’honneur.
LE COCQ Surnom en rapport avec le coq, animal de basse-cour.
LECOINTRE Origine bretonne. Est une variante de LE COENT, surnom attribué à une personne belle au sens probable d’élégante.
LE DISEZ Origine bretonne. Composé du préfixe privatif Di et de SEZ au sens probable de demeure, de maison, il a pu s’appliquer à une personne errante, peut-être à un vagabond.
LE GALL Origine bretonne. Il désignait l’étranger, le français, le gaulois. Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1688. On trouve un Jean-Marie LE GALL, sous patron, venant du Stiff et un Jean-Louis LE GALL, sauveteur du Stiff, lors de la tragédie du DRUMMOND CASTLE.
LE GOFF Origine bretonne. S’appliquait au forgeron.
LE GUEN Origine bretonne. Il a sens de blanc, de pur, de sacré.
LE HIR Origine bretonne. Signifiant long, il a servi à surnommer une personne de grande taille et longiligne.
LE LANN Origine toponymique bretonne. AL LANN doit être considéré ici au sens de lande. Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1770.
LE LOUET Origine bretonne. Ce qualificatif a été attribué à des personnes aux cheveux gris. . Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1687.
LE MITH A l’époque gauloise, le chat était appelé MITTE d’où ce surnom attribué à une personne chez qui on avait découvert une spécificité de l’espèce féline peut être l’hypocrisie.
LE MOAL Origine bretonne. Il s’appliquait au chauve.
LE MOAL-MALGORN Le premier composant est expliqué ci-dessus. MALGORN est une variante de MALIGORNE, lui-même nom breton du colimaçon et de l’escargot.
LE NORET Origine bretonne. Il s’agit d’une variante francisée de AN ENORET, l’honoré.
Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1736.
LE NORET-MAUNOIR Le premier composant est expliqué ci-dessus. MAUNOIR apparaît comme une traduction du breton MAUDU contenant MAU, jeune homme, serviteur et DU, noir. S’il était d’origine française, MAUNOIR se traduirait par mauvais noir comme MAUBLANC se traduit par mauvais blanc.
LE PERSON Origine bretonne. On appelle ainsi le curé, le recteur.
LERICHE Origine française. Résulte de l’agglutination de l’article et du mot RICHE au sens actuel du terme.
LE ROUX Surnom fréquemment attribué à une personne aux cheveux roux.
LE SIN Origine bretonne. Le nom SEN, ancien, vieux, est devenu SIN précédé de l’article français.
Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1689.
LE SOMMIER Origine française. On appelait SOMMIER ou SOUMIER le propriétaire ou le gardien des bêtes de somme.
LE VAILLANT Origine française. Etait souvent attribué à un vaillant combattant. Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1686.
LE VEN Origine bretonne. Il nous semble devoir être considéré au même sens que le suivant ; l’article ayant été dissocié du nom.
LEVEN Origine bretonne. En Vannetais, LAOUEN devient LEWEN voire LEVEN au même sens de joyeux, de gai.
LE VINE Origine bretonne. Doit sans doute être considéré comme une forme francisée de LE VEN.
LOUET Origine bretonne. Etait attribué comme surnom à quelqu’un qui avait les cheveux gris. Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1687. Egalement un François-Michel LOUET, canotier sur le canot de sauvetage de LAMPAUL, le 25 janvier 1873 au cours d’une intervention sur l’EMPEROR.
LUCAS Origine française. Est un diminutif de LUC dont l’étymologie se réfère à des notions de clarté et de lumière . Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1746. ). On trouve un Yves LUCAS, sauveteur, venant du Stiff, lors de la tragédie du DRUMMOND CASTLE.
M
MADEC Origine bretonne. Bâti sur le radical MAD, bon, il s’est appliqué à une personne généreuse et faisant preuve d’une très grande bonté.
MALGORN Origine bretonne. Se comprend comme variante de MALIGORNE, lui-même, nom du colimaçon, de l’escargot. . Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1686 . On trouve un Marc MALGORN, un Michel MALGORN et un Venant MALGORN, sauveteurs du Stiff, lors de la tragédie du DRUMMOND CASTLE. Un François MALGORN, pilote du canot de Lampaul, lors d’une intervention sur le JARNAC de Liverpool le 8 janvier 1892.
MALGORN-AUFFRET Les deux noms sont expliqués plus haut.
MALGORN-CASSEAU Les deux noms sont expliqués plus haut.
MALGORN-PERREAUX Le premier composant est expliqué plus haut. PERREAU (X) fait partie des nombreux diminutifs de PIERRE, nom de personne.
MARC Muni dès l’origine de cette écriture, le nom de personne MARC se réfère à l’Evangéliste MARC. Il arrive néanmoins que la forme MARC soit une fausse graphie du breton MARC’H, cheval, chevalier.
MARCHADOUR Origine bretonne. On appelait ainsi le marchand (AR MARC’HADOUR).
MARCHAL Contraction de MARECHAL qui vient d’un ancien MARHSKALK ; il désignait la personne qui était chargée de soigner les chevaux.
MAREC Origine bretonne. Se rencontre régulièrement comme contraction de MARC’HEG, chevalier, cavalier.
MARTIN Origine française. Vient de MARTINUS, dérivé lui-même du nom du Dieu MARS MARTIUNS qui fut le célèbre Evangélisateur de la Gaule.
MARTY Origine française. Diminutif de MARTIN.
MASSON Cette autre orthographe du mot maçon résulte de son écriture MAC-ZON en moyen-breton.
MAUNOIR Est expliqué plus haut. Voir LE NORET MAUNOIR.
MELL Origine bretonne. Cette orthographe correspond à l’adjectif MELL, très grand, très fort.
MENGUY Origine bretonne. Les composants en sont ki, chien, symbole du guerrier, et MAEN, grand, puissant. Il pourrait se définir par puissant guerrier.
MERMET Origine française. Le mermet désignait le dernier né, le tout petit.
MESCOFF Origine toponymique bretonne. Il désigne le champ de Goff (AR GOV, le forgeron).
MIGNON Il peut avoir une origine toponymique et, dans ce cas, dériver de MIGNEN, marais. Il peut aussi venir du vieux français MIGNON, mendiant puis ami.
MIGNIOU Origine toponymique bretonne. Est une probable fausse graphie de MINIOU, pluriel de MENEZ. Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1686. On trouve un Joseph MINIOU, sauveteur, venant du Stiff, lors de la tragédie du DRUMMOND CASTLE.
MOCAER Origine bretonne. Comprend MAU, jeune homme, page et CAER, beau.
MOIGNE Désignait le manchot ; ce terme emprunté au vieux français qualifiait le mutilé.
MONTBAILLY Origine toponymique française. Comprenant MONT au sens courant du terme et BAILLY, nom de personne avec l’acception de bailli, il localiserait la coline du BAILLY.
MORAN Origine bretonne. Est un diminutif vieux breton de MOR, grand, important. Il se traduirait par petit MOR.
MORIN Est probablement dérivé de MORINI, peuple de la mer. Le rapprochement, dans certains cas, avec le peuple des MAURES est tout à fait possible.
MOTHAY Origine toponymique française. Se présente, sous une autre graphie comme diminutif de MOTTE au sens de motte féodale.
MOUGIN Est considéré comme diminutif du nom de personne DOMINIQUE ; celui-ci vient de DOMINUS, Seigneur.

P.-S.

Sources :
Les noms de familles d’Ouessant d’après Michel PRIZIAC, publiés avec son aimable autorisation. L’auteur, Michel Priziac, bretonnant de naissance et diplômé d’études celtiques, est originaire de Maël-Carhaix.