Epstein Jean

Samedi 14 février 2009, par mens // Cinéastes

Jean Epstein, né à Varsovie le 25 mars 1897 et décédé à Paris le 3 avril 1953), est un réalisateur de films, essayiste et romancier français.

Un Cinéaste à deux faces.
Les papiers Epstein à la BIFI" par Vincent Guigueno.
BIFI / Regards sur les collections / 08/03/2000

L’ouverture des archives de Jean Epstein accompagne et stimule une réévaluation critique du travail de ce cinéaste en France, après les travaux pionniers d’universitaires américains, comme Stuart Liebman, qui lui consacra une thèse en 1980 [1].

L’attention portée aux films d’Epstein est à l’image de son œuvre : duale. Celle-ci est en effet construite autour de deux pôles qui représentent des expériences extrêmes du temps et de l’espace : un pôle moderne, machinique, celui de l’automobile, de la vitesse, du battant de l’horloge de la maison Usher, et un pôle archaïque : le temps suspendu de la Finis Terrae, l’espace de l’archipel ouessantin dont les hommes traquent la seule trace végétale, l’algue, et rendent à la roche une minéralité originelle. La mémoire d’Epstein est donc celle d’un cinéaste à deux faces : dans les cercles cinéphiles, on s’intéresse à lui comme réalisateur de l’avant-garde des années 1920, mais aussi comme poète et théoricien du cinéma. Le second lieu de mémoire de l’œuvre d’Epstein se situe dans les îles bretonnes où il tourna : Sein, Hoëdic, Belle-Ile et surtout Ouessant. La lecture de ses films y est moins esthétique que patrimoniale, voire ethnographique. Il convient pourtant de souligner que l’œuvre bretonne d’Epstein n’est ni une chronique sociale des îles du Ponant dans les années 1930, ni une enquête ethnographique sur les travailleurs de la mer, goémoniers, marins ou gardiens de phare. Les entretiens accordés à la réalisatrice Mado Le Gall par les acteurs de Finis Terrae sont édifiants à cet égard [2].

Titre : Finis terrae
Réalisation : Jean Epstein
Scénario : Jean Epstein
Production : Société générale de films
Musique : Inconnue
Photographie : Barthès, Goesta Kottula, Tulle, Louis Née
Montage : Inconnu
Pays d’origine : France
Format : Noir et blanc - Muet
Genre : Drame maritime
Durée : 67 minutes
Date de sortie : 1929
Synopsis : Sur Bannec, un petit ilot au large d’Ouessant, un jeune goémonier se blesse à la main après une bagarre. La plaie s’infecte et il faut le soigner en l’emmenant à Ouessant. Mais la mer est mauvaise...

En 1992, on inaugurait sur Ouessant une salle de cinéma Jean-Epstein, située dans les locaux désaffectés du phare du Créac’h. Un portrait du cinéaste ainsi que plusieurs photogrammes extraits de ses films maritimes y ont été accrochés. Mais le Créac’h abrite également un musée des Phares, où l’on retrouve des objets filmés pendant le tournage des Feux de la mer. La rencontre avec Epstein au pied des phares n’était donc pas fortuite ...

Portfolio

P.-S.

Sources :

  • BiFi - Les papiers Epstein à la BIFI" par Vincent Guigueno