E à H

Les noms de famille de ENCRENAZ à HÉRÉ

Vendredi 12 décembre 2008, par mens // Ouessant, les noms

Pendant très longtemps, les noms furent individuels, et indépendants des ascendants. Ils ne se transmettaient pas à la descendance.
Il faut donc toujours situer les noms à leur origine. C’est ainsi que le sens qu’ils contiennent se réfère à celui qui fut le premier à transmettre son nom à ses descendants qui, en aucun cas, ne peuvent se sentir concernés par telle ou telle caractéristique contenue dans le sens initial du nom. Constant par sa forme et sa nature, il est image fixe sur le fil du temps. En connaitre le contenu et lui donner du sens c’est, en réalité, nous rapprocher un peu plus de nos ancêtres et de nos origines.

ENCRENAZ à HÉRÉ

E
ENCRENAZ D’origine savoyarde, il s’est appliqué à quelqu’un qui était originaire de la vallée de la Crenne en Savoie.
ETIENNE Il vient du grec STEPHANOS, couronné.
F
FABLET En vieux français, un discours était appelé FABLE d’où peut-être ce surnom pour une personne aimant discourir.
FAURE-DUMONT Dans les régions parlant la langue d’oc, le FAURE était le forgeron. Le deuxième composant est ici d’origine toponymique française et contient MONT au sens que nous lui connaissons aujourd’hui.
FAVE Origine intertaine. Ce peut être une mutation de PAVE, toponyme pour voie romaine ; ce peut être un dérivé de FAV, fève, de FAU, hêtre…
FERREC Origine bretonne. A servi pour surnommer une personne aux grosses chevilles.
FIQUET Cette variante du mot FICHET s’appliquait, comme ce dernier, pour décrire une personne au caractère entier. Il vient de FICHE au sens ancien de pieu en fer.
FORJONEL Origine française. Est un diminutif de FORGEOT qui désignait le ferronnier.
Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1762. Egalement un François-Marie FORJONEL, canotier sur le canot de sauvetage de LAMPAUL, le 25 janvier 1873 au cours d’une intervention sur l’EMPEROR.
FORMENT Origine française. Issu par métathèse du O et du R de FROMENT, il a été attribué comme surnom à quelqu’un qui avait les cheveux blonds (comme les blés).
FORNY Origine toponymique. Se réfère à l’endroit où était édifié un four banal.
FOULON Nom de l’ouvrier conduisant une machine à fouler le lin, la toile.
FOUQUET Diminutif d’un nom d’origine germanique qui a pour radical FULC, peuple.
FRANCES Est une forme bretonnisée de François. Il a pour origine le francique FRANK, libre.
FRESIL-LEROY Le premier composant pourrait être en rapport avec l’adjectif, vieux français FRES, vis, ardent ; Il serait alors devenu surnom muni de ce même sens. Il est probable, par ailleurs, que les LEROY soient les descendants de champions plutôt que de rois au sens où on l’entend aujourd’hui.
G
GAILLARD Ce surnom, plutôt péjoratif, fut attribué à quelqu’un de gai, de joyeux.
GARNIER Origine germanique. Il est évolué de WARIN-HARI et se traduirait par peuple qui abrite, qui protège.
GARROY A probablement une origine germanique basée sur le radical WARAN, garer, mettre à l’abri.
GAUTIER Origine germanique. Vient de WALD-HARI au sens du peuple qui gouverne.
GEISTDOERFER Origine indéterminée.
GELBON Origine incertaine, à moins que ce soit une déformation de GELDON comportant GELD, redevance.
GENDROT Origine française. Est un diminutif de gendre.
GENTIL Origine française. Au Moyen-Age, ce terme qualifiait une personne noble, vaillante.
GERARD D’origine germanique, il contient GAIRU, lance et HARD, fort. Il se traduirait par bon lancier.
GERMAIN Contient la même racine latine que GERMER ; il se traduirait par personne du même sang.
GESTIN Origine bretonne. Est issu de la même racine que le français ETIENNE.
GICQUEL Origine bretonne. Contraction de IUDICAEL, il comprend IUDIC, diminutif de IUD, seigneur, et de HAEL, noble, généreux. IUDICAEL était le fils de IUDHAEL, noble seigneur.
GIFFARD Origine française. Surnom attribué à titre péjoratif à un joufflu.
GILLET Origine française. Surnom attribué à titre péjoratif à un joufflu.
GILLET Diminutif de GILLES dont l’étymologie, d’origine germanique, est GHIL, otage.
GOASDOUR Origine toponymique bretonne. Se compose de GWAZH, ruisseau et de DOUR, eau.
GODARD Origine germanique. Se compose de GUD, Dieu, et de HARD, fort, et se traduirait par fort comme Dieu.
GONIN le germanique HUGON, dérivé de HUG, esprit, intelligence, a pour aphérèse GON muni d’un sens affectif. GONIN est un diminutif de ce dernier.
GONTHARET Diminutif de GONTHARD, terme germanique composé de GUND, guerre et HARD, fort. Il s’appliquait à un solide guerrier.
GOTHEL Probable diminutif du germanique GODO, Dieu.
GOUERE Origine bretonne. Ainsi surnommait-on, parfois, une personne née au moins de juillet (miz gouere en breton).
Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1704. On retrouve un René GOUERE, canotier sur le canot de sauvetage de LAMPAUL, le 25 janvier 1873 au cours d’une intervention sur l’EMPEROR.
GOULARD Origine française. Surnom conféré à une personne qui mange beaucoup et vite, un glouton.
GOURMELON Origine bretonne. Comprend HAELON, sourcils, et l’adjectif GOURM, brun ; il qualifiait quelqu’un aux sourcils bruns.
GOURVENNEC Origine toponymique bretonne. Il contient une mutation de MENEC, devenue MAENEG, lieu pierreux, et le superlatif GOUR. Il signifie endroit très pierreux.
GRENAT Origine française. Les boutons de peau, fréquemment appelés grains, ont conduit à des surnoms y faisan référence ; c’et le cas probablement pour GRENAT.
GRUNWEISER Nom d’origine germanique comprenant WEIS, blanc.
GUEDES Probable origine germanique. Il serait alors fondé sur le radical GUED, chasse.
GUEGUEN Origine bretonne. Noté anciennement UICON, il s’adressait à un combattant victorieux ou à un solide combattant.
GUENNEC Origine bretonne. Contient le radical GWENN, blanc, pur, sacré et signifie très pur. Il perpétue le nom de Saint Gwenneg ou Gwennog né et mort en Bretagne (en 717).
GUERMEUR Origine toponymique bretonne. Il se compose de GUER, aulnaie et MEUR, grand, important. Il désigne la grande aulnaie.
GUILLOT Origine germanique. Ses composants sont WILL, volonté et HELM, casque. Contraction de GUILLAUME, il s’appliquait, comme lui, à un combattant volontaire et déterminé.
GUYADER Origine bretonne. Il désignait le tisserand.
H
HACHER Bien que peu courant, ce nom pourrait avoir été attribué à celui qui utilisait la hache pour son travail.
HELIES Cette forme bretonnisée de Elie se réfère par son intermédiaire à l’origine hébraïque EL YAH, Seigneur Dieu.
HELLEQUIN Pourrait venir du breton HAELGUEN composé de HAEL, noble, généreux, et de GWENN, blanc, pur, sacré. Il signifierait alors homme d’une générosité pure.
HENAFF Origine bretonne. Est le superlatif moyen-breton de HEN, vieux ancien. Il désignait l’aîné.
HENRY Origine germanique. Composé de HAIM, maison, toit et RIC, roi, puissant, il se traduirait par maître de la maison.
HÉRÉ Origine bretonne. Il peut être surnom d’une personne née en octobre (miz here) ou dériver de HEZRE, pacifique. Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1687. On retrouve un Charles HERE, brigadier sur le canot de sauvetage de LAMPAUL, le 25 janvier 1873 au cours d’une intervention sur l’EMPEROR.

P.-S.

Sources :
Les noms de familles d’Ouessant d’après Michel PRIZIAC, publiés avec son aimable autorisation. L’auteur, Michel Priziac, bretonnant de naissance et diplômé d’études celtiques, est originaire de Maël-Carhaix.