Désignation d’un tuteur

Jeudi 13 novembre 2008, par mens // Claudine Guillard

Afin de clarifier la situation, il est décidé de désigner un tuteur aux quatre enfants mineurs. Ainsi, le 16 février 1751 un conseil de famille élargi est convoqué par le capitaine-chatelain Pierre Favre afin d’établir la tutelle. Douze personnes sont convoqués à cette fin : Charles Salxe (curé de Lentilly) - Hugues Riboulet (parent éloigné) - Jean Guillard (cousin audits mineurs tant du premier que du second lit du côté maternel) - Jean Ramel (aubergiste - cousin germain de Claudine) - Jean Jaboulay (vigneron - cousin par alliance) - Vincent Silvestre (charpentier - cousin par alliance) - Antoine Joly (oncle par alliance aux trois enfants Riboulet) - Henry Bouchard (oncle par alliance d’Antoine Giraud et bon amy de Matthieu Ribollet) - Philibert Pin de Mosouvre (proche parent d’Antoine) - Humbert Vial (mareschal de Lentilly - proche voisin et ami) - Benoit Monono (voisin et ami) et Jean Pin dit Minette (cousin germain de Claudine).

L’assemblée réunie, Françoise Riboulet (dite Françon) dit qu’elle a toujours connu Claudine Guillard sa mère pour galante femme, qu’elle l’a nourri, entretenu et luy a fourni l’éducation nécessaire depuis le décès de son père ; par ces raisons et autres à elles connues elle souhaite bien que sa dite mère fut nommée sa tutrice comme l’en trouvant plus capable ...

La décision est ainsi prise - Nous chatellain susdit et lieutenant de juge vu les remontrances de ladite Claudine Guillard, son dire à l’aide de Françoise Riboulet l’un des mineurs dudit Matthieu Riboulet, l’avis des parents ensuitte et susdites conclusion du procureur fiscal, nous avons nommé et décerné comme nous nommons et décernons à Françoise, Benoitte et autre Françoise-Marie Riboulet et à Antoine Giraud ses enfants ... ... laquelle Guillard cy présente a accepté ladite tutelle et promis y faire son devoir ... ... ladite Guillard nous a dit que tous les biens proviennent de son chef, que ses deux déffunts maris n’ent n’ont délaissés aucun ; lui avons permsi d’en jouyr ainsi qu’elle avizera bon estre. Et passé outre.

Quelques jours passent et, le 4 mars Claudine fait de nouvelles remonstrances au capitaine-chatelain de Lentilly - qu’il nous plaise lui donner acte des présentes remonstrances et de la déclaration qu’elle fait pour ses dits trois mineurs, qu’elle accepte sous bénéfice d’inventaire, la succession dudit Riboulet.

L’inventaire a lieu le lendemain ; il est presque identique à celui de 1746, y compris le bétail. Nous nous bornerons à donner quelques détails d’un mobilier en fort mauvais état :
... dans un bas qui prend son entrée par la cour avec une marche et ses jours sur le jardin dans lequel se trouve une grande table en bois de chêne ... ... deux dressoirs de vaissailles ... ... un bois de lit noyer, à colonnes ronde son fon en ciel de sapin, sur lequel un garde paille, une baloufière, un matelas laine ... ... un coffre bois noyer sans serrure ... ... un seau bois garny de ses ferures et deux seilles .. ... dans un autre bas à plain pied du susdit costé de vent, sy est trouvé un bois de lit partie noyer et partie sapin sur lequel une baloufière, un chenessier de même, deux draps grosse toille étoupière ... ...dans un autre bas à plain pied de la dite cuisine du coté de bize sy est trouvé une table paitrière bois peuplier sans couvercle, une barriteloire ... ...deux bichets avoine estimé à la somme de 36 sols ... ... cinq tonneaux teneur chacun de cinq asnées estimés à la somme de 5 livres ... ... deux des tonneaux sont plains de petit vin vulgairement appelé buvande ... ...dans l’escurie vis à vis les appartements du costé du matin deux vaches arabes l’une poil gris et l’autre bardelle, une jument poils rouge ayant tous ses crins ... ... estimés les deux vaches pour estre fort vieilles à la somme de 32 livres les deux, et la jument aussi vieille et borgne et presque hors de service à 15 livres... ...en la fenière estant sur l’écurie environ six quintaux de foin ...

  1. Bien qu’aucun terrier n’ait été élaboré durant la vie de Claudine, nous pouvons citer quelques unes des terres qu’elle cultivait une vigne de trois bicherées aux Côtes du Buvet dont François Ramel (grand père de Claudine) est propriétaire ; Antoine Giraud en héritera,
  2. une vigne et un chenevier de deux bicherées au Buvet aussi hérités de François Ramel. Ces terres étaient déjà dans la famille au milieu du 15ème siècle car au terrier Genevès ce sont les Delaval-Chazey qui les possèdent : c’est le 2ème article de la reconnaissance de Estienne Delaval alias Chazey le 6 janvier 1446,
  3. une terre aux Seignes avec Jeanne Guillard,
  4. une terre et place à Beauregard dont le servis est de 1 obole et une pitte, etc.