Conséquences
Chez les Anglais Bien que clamant victoire, la polémique fait rapidement rage outre-manche. Évidemment, Keppel et Palliser sont tous deux membres du Parlement, mais dans des partis opposés. Les reproches que s’adressent mutuellement les deux amiraux se transforment en combat politique.
Keppel est traduit en cour martiale sous cinq chefs d’accusation. Il sera acquitté, la cour les reconnaissant « malintentionnés et non fondés ».
A son tour, Palliser se retrouve en position d’accusé. Il sera aussi acquitté, la cour ne trouvant blâmable que d’avoir omis d’informer l’amiral de l’état de son gréement ...
Keppel prendra sa retraite l’année suivante, se consacrant à sa carrière politique.
Chez les Français, l’affaire du Duc de Chartres La lenteur de réaction du commandant de l’escadre blanche et bleue est présentée comme étant la cause de cette victoire incomplète.
Il était tentant de mettre en cause un prince du sang. Son ascension rapide, et ses visées sur la charge de Grand Amiral, pouvait susciter une certaine animosité à son encontre.
On trouve deux opinions à son sujet. La première lui impute la faute, considérant son peu d’expérience, mais la seconde l’impute plutôt à son entourage, craignant d’exposer la vie du prince dans un combat rapproché. Il faut noter que le duc était assisté par le comte de la Motte-Picquet de la Vinoyère, officier à la valeur reconnue. Si l’on peut imaginer que le duc ait mal compris les signaux, il est plus difficile de croire que cela aurait échappé à La Motte-Picquet. Notons enfin que l’un des motifs de querelle chez les Anglais était aussi l’absence de réaction de Palliser à des signaux de Keppel.
Le Duc de Chartres, lassé de la guerre maritime, décidera d’abandonner le service de la mer. Il sera nommé Colonel-Général des Hussards.