DOMMARTIN (Domnus Martinus) aurait été fondé vers le IX° siècle par les moines de l’Abbaye d’Ainay. Les religieux donnèrent au village naissant le nom de l’évêque de Tours dont il suivait la règle monastique.
La Vierge, les anges et les saints .... Les premiers hagiotoponymes ne se présentaient pas sous la forme de Saint-Pierre ou Saint-Paul. Le langage populaire appelait le saint Dominus, c’est à dire Seigneur. Dominus a fini par être réservé au Christ, mais a laissé de nombreuses traces dans la toponymie française, une fois devenu Dom ou Dam. Ces formes se retrouvent dans les pays d’Oil ou de parlers franco-provençaux, mais jamais en terre d’Oc : les DAMPIERRE, DOMPIERRE, DAMMARTIN, DOMMARTIN [1] sont légion et largement répandus.
L’étymologie de DOMMARTIN formé de Dominus et de Martinus, est donc l’équivalent de Saint-Martin.
Cette localité figure dans un accord intervenu vers l’an 1200-1205 entre FLORUS, chanoine de Lyon et ROBOUD de TACINS, au sujet des droits dépendant de la viguerie de Salvagny. L’église est mentionnée dans la charte par laquelle le Pape EUGÈNE confirma en l’an 1250, les terres, seigneuries, prieurés et revenus de l’Abbaye d’Ainay. Au XIII° siècle, Pierre de la TOUR de CHAZAY était vassal de cette communauté pour des biens et droits qu’il possédait à Dommartin. Il les vendit - en 1276 - à MILON de CHARNAY qui en rendit hommage - en 1313 - et finalement les céda à l’Abbaye en 1334. A la même époque, Jean AYGLIERS - damoiseau - et PERONNET d’ANSEU étaient également titulaires de fiefs dans la paroisse. Par un acte de donation pour messe le Cardinal GUILLAUME de MONTHOLON cède - en 1351 - les biens qui étaient en sa possession sur le même territoire.
A la fin du XVI ° siècle, la seigneurie appartenait à la famille LANGE, originaire du Nivernais. Elle passa - en 1671 - à Claude BOITTIER et, en 1698 à Messire ANNIBAL MICHON (Famille consulaire issue d’un maître de Poste, ce qui provoqua un mauvais jeu de mots sur son nom : on l’appelait "Animal Bichon") puis, en 1720 à OCTAVIO CANTARELLE et, en 1777 (par suite d’une alliance) à messire Jean Claude Luc de LAVAL.
La paroisse créée par Camille de NEUVILLE, archevêque de Lyon en 1680 dépendait de l’Archiprêtrerie des Suburdes, de l’intendance, de l’élection et de la sénéchaussée de Lyon. L’abbé d’Ainay nommait à la Cure. La justice du Château s’étendait sur toute la paroisse. En sa qualité de décimateur, Mgr Camille de NEUVILLE céda au curé la dîme qu’il avait le droit de percevoir. Auparavant, à cause de l’insuffisance des revenus, la paroisse n’était desservie que de temps en temps. Elle remonte cependant à des temps anciens, puisque en 1351 son nom figure dans une donation de messes.
Il ne reste plus que quelques débris de l’ancien manoir seigneurial.
Après la révolution, Dommartin était une des communes du canton de Chasselay. Ce canton fut supprimé par la loi du 8 pluviose an IX (17 janvier 1801). La commune fut rattachée au canton de l’Arbresle. Les activités agricoles orientées presque exclusivement vers l’élevage sur ces riches prairies vallonnées, ont régressé depuis le début du siècle au profit d’une vocation résidentielle de la commune.