Antoine Gabriel Jars

Mardi 25 novembre 2008, par mens // Hommes célèbres

Antoine Gabriel Jars le jeune, fils du directeur des mines [de cuivre] de Chessy et de Sain-Bel, né le 26 janvier 1732, est mort le 20 août 1769, beaucoup trop tôt pour remplir son destin. Sa courte vie avait permis qu’on augurât de lui un avenir fécond pour l’art des mines. Son œuvre est résumée dans ses Voyages métallurgiques, 3 volumes in-4o publiés, après sa mort, de 1774 à 1781, par son frère, G. Jars, l’aîné. Les espérances qu’il avait laissé concevoir étaient telles, qu’il fut nommé Correspondant de l’Académie des Sciences, le 10 janvier 1761, au retour de son premier voyage, et Membre titulaire, le 19 mai 1768, contre Lavoisier [1], que la Compagnie avait présenté en première ligne.

On confond souvent Gabriel Jars l’aîné avec son jeune frère Antoine-Gabriel ; celui-ci [le cadet] est le véritable auteur des Voyages métallurgiques, que celui-là [l’aîné] se borna à éditer après la mort de son cadet. G. Jars l’aîné était, du reste, lui-même un homme distingué, Correspondant de l’Académie des Sciences [ingénieur des mines et métallurgiste à Sain-Bel, près de Lyon, Gabriel Jars l’aîné (1729-1808) fut élu correspondant de l’Académie des Sciences (section minéralogie) en 1803]. [En fait, contrairement à ce qu’indique AGUILLON, il semble qu’il y ait eu 3 frères : Gabriel l’aîné, Antoine-Gabriel et Gabriel le cadet, ce dernier étant le plus doué de tous].

 


 

D’après : P.O. DUCREUX, "Gabriel Jars métallurgiste", mémoire de maîtrise, Univ. Paris I, 1997 (dir. Paul Benoît), relaté dans Anne Françoise GARÇON, "Entre l’Etat et l’usine, l’Ecole des mines de Saint-Etienne au XIXème siècle", Presses Universitaires de Rennes, 2004

Quatre élèves entrèrent à l’Ecole des ponts et chaussées en 1751, dont Gabriel Jars, très doué. On leur enseigna le dessin et le lever de plans. Jars, qui avait passé par l’Ecole des Jésuites à Lyon, avait l’ouverture scientifique et la culture mathématique adéquats. Koenig, ingénieur venu de Saxe, qui travailla avec Jean Hellot à la traduction du Traité des Fonderies de Schlutter, et qui fut directeur des mines de Poullaouen et Huelgoat avant d’être nommé inspecteur des mines du Royaume, initia Jars et Guillot-Duhamel à la langue allemande et leur enseigna l’art de diriger une exploitation minière. Après deux ans de voyage, payé 400 livres par mois, Jars retourna dans l’exploitation familiale.

 


 

Publié dans la Notice historique sur l’Ecole des Mines de Paris, par Louis Aguillon, 1889 :

Gabriel Jars le jeune est mort à Clermont, d’un coup de soleil pris en allant étudier les coulées basaltiques des environs de Langeac. Jars est l’auteur des Voyages métallurgiques, 3 vol. in-4., publiés, après sa mort, par son frère G. Jars, en 1774-1781. Après avoir visité et étudié en France les exploitations et établissements de Poullaouen, Pontpéan, Ingrande (houille) en Anjou, Sainte-Marie-aux-Mines, il avait consacré trois années (1757-1759), avec Guillot-Duhamel père [2], à voyager en Saxe, Autriche, Bohême, Hongrie, Tyrol, Carinthie et Styrie ; il avait visité, en 1765, l’Angleterre d’où il avait rapporté les procédés pour la fabrication du minium ; en 1766, la Hollande, le Hanovre, le Hartz, la Saxe, la Norvège et la Suède. Nommé correspondant de l’Académie des sciences le 10 janvier 1761, au retour de son premier voyage, il fut nommé membre titulaire, le 19 mai 1768, contre Lavoisier, bien que celui-ci eût été désigné en première ligne par la Compagnie ; le gouvernement voulut récompenser Jars des services rendus à l’industrie des mines et de la métallurgie.

On doit à Jars un mémoire sur l’aérage naturel des mines.

 

P.-S.

[1] Antoine Laurent de Lavoisier : Noble, Membre de l’Académie des Sciences, Commissaire à la Trésorerie. Né le 26 août 1743 à Paris est exécuté le 19 floréal an II Place de la Révolution, a été inhumé au cimetière des Errancis. W362.785. Condamné comme complice de la conspiration des fermiers généraux contre le Peuple français, en mettant dans le tabac, de l’eau et des ingrédients nuisibles à la santé des citoyens. T1641 et W527.
La France a fait une perte irréparable dans la personne de Lavoisier ; il était regardé comme le plus grand chimiste de l’Europe, il découvrit notamment l’oxygène et l’hydrogène, et mis au point la nouvelle nomenclature chimique.

[2] Guillot-Duhamel père, né le 31 août 1730. est mort à quatre-vingt-six ans, le 30 janvier 1816. Il a été, avec Sage et Monnet, un des ouvriers de la première heure, bien supérieur à eux deux. C’est lui qui, par son enseignement à la première École des Mines de Sage, puis au début de celle de la Convention, a été le véritable initiateur de l’art des mines en France. Membre de l’ancienne Académie des Sciences, et de l’Institut, dès sa réorganisation, il a rédigé tous les articles de l’Encyclopédie relatifs à l’art des mines, et publié une Géométrie souterraine (2 vol. in-4o, 1787), qui fut le premier traité sérieux paru en France sur les levés de plan et les tracés souterrains.
Source : http://www.annales.org/archives/x/d...