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Les noms de famille de AITELADI-MINIOU à DUPONT

Vendredi 12 décembre 2008, par mens // Ouessant, les noms

Pendant très longtemps, les noms furent individuels, et indépendants des ascendants. Ils ne se transmettaient pas à la descendance.
Il faut donc toujours situer les noms à leur origine. C’est ainsi que le sens qu’ils contiennent se réfère à celui qui fut le premier à transmettre son nom à ses descendants qui, en aucun cas, ne peuvent se sentir concernés par telle ou telle caractéristique contenue dans le sens initial du nom. Constant par sa forme et sa nature, il est image fixe sur le fil du temps. En connaitre le contenu et lui donner du sens c’est, en réalité, nous rapprocher un peu plus de nos ancêtres et de nos origines.

AITELADI-MINIOU à DUPONT

A
AITELADI-MINIOU Le premier nom semble basé sur le radical germanique ADAL, noble, auquel la terminaison ADI confierait une forme féminine. MINIOU, nom breton d’origine toponymique est une contraction de MENEZIOU, montagnes.
AMANDRU Contient probablement AMAND, du verbe AMARER, aimer. Le 2ème terme pourrait être une altération de RY issu du germanique RIC, roi, riche. Ceci confierait au nom le sens de toi bien aimé.
AMAUDRU Variante probable du précédent. A défaut, nous aurions une évolution de AMALRIC avec AMAL, fort, et RIC, roi, riche.
AMIS Origine française. AMI se rapprochait, au Moyen-Age, des sens d’amant et de parent.
ARHAN Origine bretonne. Evolué de ADGAN, il se traduirait par descendant d’une bonne lignée.
AUFFRET Probable origine germanique. Comprend ALT, noble, élevé et FRIT, paix. Il s’est appliqué à un homme profondément acquis à la notion de paix.
AVRIL Origine française. Surnom attribué à une personne née au mois d’avril. Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1763.
AXELSSON Se traduit par fils d’AXEL ; prénom à l’origine, celui-ci vient du latin, AXIS, axe.
B
BARAZER DE LANNURIEN Origine bretonne. Ar barazer était l’appellation du tonnelier. Il est déterminé par le toponyme LANNURIEN, la lande à URIEN.
BARS Nom breton pour le poète, le barde, AR BARZH
BAUDE Origine germanique. S’appliquait à une personne audacieuse.
BAY-LUCET Le premier composant pourrait avoir 2 origines : soit surnom issu de la couleur bai soit surnom issu du breton BEI, stupide. Quant à LUCET, il est diminutif de LUC, nom d’un évangéliste, dont l’étymologie contient une notion de pureté et de lumière.
BELLEVENUE Nom à contenu affectif équivalent à BIENVENU.
BENOIT-SCHOEMACKER Le premier composant est construit sur l’adjectif BENI. Le deuxième composant, d’origine germanique, s’appliquait au fabricant de chaussures puis au cordonnier.
BER S’il est d’origine bretonne, il correspond à l’adjectif court et pouvait servir à surnommer un courtaud. D’origine germanique, il s’appliquait à une personne puissante comme un ours.
Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1687.
BERNARD Origine germanique. Contient BERN, ours, et HARD, fort, hardi ; il se traduit par puissant comme un ours.
Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1686. On trouve un Pierre BERNARD, sauveteur de Lampaul et un Bon BERNARD, sauveteur du Stiff, lors de la tragédie du DRUMMOND CASTLE.
BERTHELE - BERTHELET Est un diminutif de BERTAUD qui, d’origine germanique, comprend BERT, brillant, et WALD, diriger, gérer. Il se traduirait par excellent chef.
Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1688. On trouve un Antoine BERTHELE, sauveteur lors de la tragédie du DRUMMOND CASTLE.
BIHAN Origine bretonne. Il signifie petit.
BIZIEN Origine bretonne. Issu d’un ancien BUDGEN, composé de BUD, victoire et de GEN, naissance, il se traduirait par de la race des vainqueurs. Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1717.
BLAINVILLE Origine toponymique française. Il concernait le domaine d’habitation d’un dénommé BLAIN qui a pu être attribué comme surnom au sens probable de mouton.
BLEOMELEN Origine bretonne. Surnom donné à une personne aux cheveux jaunes, blonds.
BOLLORE = BOLORE Origine toponymique bretonne. Composé de BOT, buisson, et de LORE, laurier, il désigne le buisson de laurier.
BON Origine française. Cet adjectif avait, au Moyen-Age, le sens de brave. Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1690. On trouve un Jacques BON, patron, venant du Stiff, lors de la tragédie du DRUMMOND CASTLE.
BONNAFOUX Origine toponymique française. Dans le midi, il était employé pour bonne fosse avec la signification de bon fossé.
BOSSARD Peut avoir deux origines : le germanique BOS-HARD qui signifiait très méchant ou le Français issu de BOSSE surnommant un bossu.
BOTQUELEN Origine toponymique bretonne. Composé de bod, buisson, bosquet et de kelenn, houx, il correspond au buisson de houx. Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1689.
BOUFFORT A servi à surnommer quelqu’un de gourmand.
BOUGUEN Pourrait être le surnom attribué à une personne joufflue ; joue se dit BOUGENN en breton.
BOULAY Origine toponymique française. Autre forme de BOULAIE, plantation de bouleaux.
BOULIC Origine bretonne. Diminutif de boull, rond, il concernait une personne rondouillarde.
BOURBAO Origine bretonne. Constitué de BOUR, gros, et de PAO, patte, il qualifiait une personne aux grosses jambes.
BOURDERIOU Origine toponymique bretonne. Il désignait, la BORDE, la métairie à RIOU.
BRANELLEC Origine bretonne. BRANELLEK qualifie quelqu’un qui se déplace avec ses béquilles.
BROUILLARD Origine française. A servi pour surnommer quelqu’un qui aimait à compliquer les choses.
BUCAILLE Origine toponymique française. Au Moyen-Age, la souche d’arbre était parfois appelée BUC ou BUQUE d’où la dénomination BUCAILLE pour un endroit garni de souches.
C
CADIOU Origine bretonne. Constitué de KAD, combattant, guerrier, et du suffixe augmentatif IOU, il a un sens voisin de celui de belliqueux.
CAIN Origine bretonne. Utilisé pour qualifier un bel homme. Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1687. On retrouve un Jean-Marie CAIN, patron du canot du STIFF fin XIXe siècle, décoré de la légion d’honneur.
CALOC Origine bretonne. Il veut dire entier, viril. A donné le breton KELLEK.
CAMPION Origine française. Equivaut à champion.
Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1689.
CARIOU Origine bretonne. Constitué de CAR, ami, parent, et du suffixe augmentatif IOU, il s’appliquait à un ami très proche.
CARTERON Origine française. On appelait ainsi le charron dans certaines régions.
CARVAL Avec beaucoup d’hésitation, nous proposerons une variante de CALVAR, nom d’origine toponymique désignant le calvaire.
CASSEAU Origine toponymique française. Il est dérivé de CASSE, ancien nom du chêne dans le Sud de la France.
Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1716.
CHALM Origine toponymique celtique. Le relief en plateau dénudé appelé CALM dans le Sud a donné CHALM dans le Nord.
CHAPALAIN Origine française. Désignait la personne qui exerçait la charge de chapelain d’une église.
CHARLET Diminutif de CHARLES. Celui-ci vient du germanique CARL, mâle, homme viril.
CLAQUIN Vient du verbe claquer au sens de faire un bruit sec ; il a pu s’appliquer à une personne qui répondait sèchement. C’est aussi le nom d’une monnaie.
CLOAREC Origine bretonne. KLOAREG traduit par clerc s’appliquait au jeune séminariste.
CLOÂTRE Origine toponymique. Le breton KLOASTR a été emprunté au vieux français CLOISTRE au sens de cloître.
COLIN Diminutif de COLAS qui est lui-même une aphérèse de NICOLAS. Etymologiquement, il serait rendu par vainqueur particulièrement louable.
Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1706.
COLLOC Origine bretonne. S’appliquait à une personne tendre, câline.
CONAN ou CONNAN Origine bretonne. Diminutif du vieux-breton CON, éminent, élevé, il déterminait, comme ce dernier, une personne de haute dignité.
COQUERELLE Origine française. Surnom attribué à une personne qui élevait des coqs, c’est à dire de la volaille.
CORNEN Origine bretonne. Construit sur le radical CORN, corne, il se réfère, comme surnom, à celui qui portait des cornes, c’est-à-dire, chez les Celtes, un casque pourvu de cornes.
Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en 1789.
COSTA Origine toponymique. On y retrouve CÔTE, initialement COSTE, au sens de lieu en pente.
COTONEA Origine toponymique bretonne. Variante de COATANEA, contraction de COAT AN NEAC’H, il se traduit par le bois d’en haut.
COURTADE Origine toponymique française. Pourrait avoir désigné localement, l’endroit dépendant d’une cour (seigneuriale).
COZAN Origine bretonne. Diminutif de COZ, vieux, ancien ; breton KOZH.
CREAC’H Origine toponymique bretonne. Désignant une hauteur, une colline, il a donné le breton actuel KREC’H.
Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en xxxx. On trouve un François CREAC’H, sauveteur de Lampaul, lors de la tragédie du DRUMMOND CASTLE.
CREACH Cette variante du précédent ignore le C’H et conduit à une prononciation francisée du nom. Ce patronyme apparaît pour la première fois dans le registre des baptêmes d’Ouessant en xxxx.
CREN Origine bretonne. Ainsi ont été surnommées soit des personnes de taille moyenne, soit (et c’est plus probable) des personnes nettes dans leurs réponses, des personnes au caractère entier.
CROZON Origine toponymique bretonne. Il est construit sur le radical KRAV, côte pierreuse ou colline pierreuse.
CUILLANDRE Variante de COUILLANDRE, ce nom emprunté au Français, a servi à dénommer des personnes viriles.
CUSSEAU Variante du vieux français CUISSEL, partie d’armure protégeant les cuisses, il a pu s’appliquer à un combattant habitué à porter cette protection.
D
DAUVIN Origine bretonne. Le dauphin, animal marin, se dit DOFIN. Des altérations en font DAUFIN et DAUVIN.
DEBUSSCHERE Origine toponymique. La ville de BUCHERES dans l’Aube était BUXERIE. En 1164 d’où le sens de buxeraie, endroit planté en buis. DEBUSSCHERE se traduirait par de la buxeraie.
DELBAERE Est la forme flamande pour DELEBARRE ; d’origine toponymique il a concerné une personne provenant d’un endroit appelé LA BARRE, c’est-à-dire probablement une maison entournée d’une clôture de branches entrelacées.
De LUCA LUCA semble dérivé de LUC dont l’étymologie contient les notions de lumière et de pureté.
DENIEL Autre forme de Daniel signifiant soumis au jugement de Dieu. DANIEL fut l’un des prophètes.
Des DESERT Origine toponymique. La notion de désert s’appliquait couramment aux endroits inhabités où se sont établis des ermites bretons.
DONNART Origine bretonne. Evolué de DONERTH, il contient NERZ, force, et DON, homme ou DUE, Dieu. Il signifie homme fort voire homme qui détient sa force de Dieu.
DOREL On peut penser à un diminutif français formé sur l’aphérèse DORE de THEODORE par exemple. Néanmoins, il n’est pas impossible d’imaginer un diminutif en EL du breton vannetais DOR, eau, ruisseau.
DROLEC Origine bretonne. Altération de DRAOULEC, il pourrait qualifier une personne particulièrement attirée par l’équipement ménager.
DROUET est diminutif d’un nom germanique dont le radical est DROG, combat. A ce titre, il s’appliquait à un combattant
DUCLOS Origine toponymique française. On désigne par CLOS un terrain fermé, enclos.
DUHOUX Origine toponymique française. Il s’est appliqué à une personne habitant une houssaie.
DULIEU Origine toponymique française. Sans doute s’agit-il d’un lieu particulier et dont la spécificité serait reconnue.
DUNKERLY Origine incertaine.
DUPONT Origine toponymique française. Surnom donné à une personne habitant près d’un pont, d’où la fréquence de cet anthroponyme.

P.-S.

Sources :
Les noms de familles d’Ouessant d’après Michel PRIZIAC, publiés avec son aimable autorisation. L’auteur, Michel Priziac, bretonnant de naissance et diplômé d’études celtiques, est originaire de Maël-Carhaix.